Les ONG
au Burkina Faso

Une Organisation Non Gouvernementale (ONG) est une association apolitique et laïque de solidarité nationale ou internationale, qui n'appartient ni à l'État, ni à une institution internationale. C'est une association à but non lucratif et d'intérêt général, souvent à caractère humanitaire ou de développement.

Critères et domaines d'intervention

Les ONG sont des associations à but non lucratif. Quels que soient leur taille et leurs domaines de compétence, elles ont un caractère apolitique et sont indépendantes des pouvoirs publics. Elles sont financées par des dons privés, des cotisations et des financements de partenaires techniques et financiers.

On distingue principalement deux types d’organisations non gouvernementales :

Les ONG humanitaires et de développement

Organisations tournées vers l’aide d’urgence aux populations (santé, alimentation, eau, abris) ou vers leur développement à long terme. La Croix-Rouge et Médecins sans frontières sont des organisations humanitaires ; Oxfam mène à la fois des actions humanitaires et de développement.

Les ONG de plaidoyer

Les ONG de Plaidoyer sont des organisations orientées sur la défense des opinions, des causes ou la défense d’un groupe de personnes comme c’est le cas pour Amnesty International qui lutte pour le respect des droits humains dans le monde.

Histoire des ONG dans le monde et au Burkina Faso

Les organisations humanitaires se structurent dès 1863 avec la création du CICR, le Comité international de la Croix-Rouge. Le terme « ONG » apparaît pour la première fois en 1945 dans la Charte des Nations unies (article 71), qui permet au Conseil économique et social de consulter des organisations non gouvernementales sur les questions relevant de leur compétence.

Au Burkina Faso, la Croix-Rouge burkinabè est l’une des premières organisations de ce type. Créée le 31 juillet 1961, elle est reconnue le 9 juillet 1962 par l’État comme société de secours volontaire, autonome et auxiliaire des pouvoirs publics. C’est toutefois après les sécheresses de 1973 et 1974 que le pays, à l’instar des autres pays sahéliens, voit se multiplier les ONG internationales. Le Secrétariat permanent des ONG (SPONG) est créé en 1974 pour réunir les associations et organismes de développement dans un cadre réglementé et faciliter le dialogue avec l’État et les partenaires financiers. Il compte aujourd’hui plus de 300 membres et reste l’un des principaux cadres de concertation des ONG et associations de développement au Burkina Faso.

Quelques ONG présentes au Burkina Faso

Logo de la Croix-Rouge burkinabè

La Croix-Rouge burkinabè (CRBF)

Société nationale de la Croix-Rouge, elle œuvre dans la gestion des crises et des catastrophes grâce à un réseau de volontaires formés aux gestes de premiers secours.
Logo d’Oxfam

OXFAM au Burkina

Présente au Burkina Faso depuis les années 1970, Oxfam œuvre à rendre les populations pauvres moins vulnérables, notamment grâce à des programmes de création d'activités génératrices de revenus.
Logo de Solidarités International

Solidarités International

Présente au Burkina Faso depuis 2018, elle œuvre notamment pour l'accès à l'eau potable des personnes déplacées internes, du fait de la situation sécuritaire du pays.
Logo de SOS Villages d’Enfants

SOS Villages d'Enfants

ONG à vocation sociale engagée auprès des enfants privés de soutien familial. SOS Villages d'Enfants est présente au Burkina Faso depuis 1997.

Comment créer une ONG au Burkina Faso ?

Une association, nationale ou étrangère, ne peut obtenir le statut d’organisation non gouvernementale (ONG) qu’après un engagement formel avec le ministre chargé de l’économie et des finances : un accord-cadre pour les associations nationales, une convention d’établissement pour les associations étrangères. Deux décrets d’application de la loi n°011-2025/ALT, adoptés en Conseil des ministres le 24 septembre 2026, en fixent les conditions : seuil minimum d’investissement cumulé, durée de validité des accords et évaluation obligatoire des activités.

  • Associations nationales

L’association doit d’abord être déclarée. Elle peut ensuite demander le statut d’ONG en signant un accord-cadre avec le ministre chargé de l’économie et des finances.

  • Associations étrangères

Une association dont le siège est à l’étranger doit d’abord être autorisée à exercer au Burkina Faso par le ministre chargé des libertés publiques. Elle désigne un représentant et un responsable financier, tous deux de nationalité burkinabè et résidant au Burkina Faso. Elle doit ensuite conclure une convention d’établissement avec l’État dans les six mois qui suivent l’autorisation.

Associations étrangères : les pièces à fournir

La demande d’autorisation est adressée au ministre chargé des libertés publiques. La liste exacte des pièces est fixée par le décret d’application de la loi de 2025 ; le dossier comprend généralement :

NB : l’autorisation d’exercer est désormais renouvelable tous les deux ans. Tout changement de représentant ou de responsable financier doit être notifié dans les 21 jours.

Avantages et obligations des ONG

Le principal avantage fiscal est le remboursement de la TVA sur les investissements réalisés au profit des populations. Pour en bénéficier, il faut :

  • bénéficier d’une dérogation accordée par le ministre chargé des finances ;
  • réaliser des investissements d’au moins cinq millions (5 000 000) FCFA au profit des populations, en matière de développement économique, d’enseignement ou de santé ;
  • effectuer les achats toutes taxes comprises (TTC) ;
  • disposer de factures régulières établies au nom de l’ONG.

Selon leur convention d’établissement ou leur accord-cadre, les ONG peuvent aussi bénéficier d’exonérations douanières sur les équipements nécessaires à leurs activités.

Les ONG doivent respecter plusieurs obligations fiscales et administratives.

  • Retenues à la source sur les sommes versées aux prestataires résidents : elles s’appliquent aux rémunérations versées aux prestataires, personnes physiques ou morales, établis au Burkina Faso.
  • Retenues à la source sur les sommes versées aux prestataires non résidents (sans installation professionnelle au Burkina Faso) : le taux est de 20 % des sommes versées, ramené à 10 % pour les prestataires résidant dans un pays de la CEDEAO. Les retenues d’un mois sont reversées au service des impôts au plus tard le 20 du mois suivant.
  • Retenue de l’impôt sur les revenus fonciers : l’ONG retient l’impôt dû sur les loyers des immeubles qu’elle loue et le reverse au plus tard le 10 du mois suivant.
  • Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) : l’ONG retient l’impôt sur les salaires de ses employés et le reverse dans les dix premiers jours du mois suivant.
  • Déclaration des bénéficiaires effectifs auprès de l’administration fiscale.

Sur le plan administratif, les ONG transmettent chaque année leur budget, leurs comptes et leurs rapports financiers aux ministères compétents, et tiennent leurs comptes à la Banque des dépôts du Trésor. Les règles fiscales évoluent avec chaque loi de finances : faites valider vos pratiques par un professionnel.

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