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Les associations des enfants et jeunes travailleurs du Burkina Faso comme espace d’expression de la capacité d’action des enfants ?

Les Associations d'Enfants et Jeunes Travailleurs (AEJT) au Burkina Faso représentent une manifestation dynamique du Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT). Fondé sur les principes de la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant, ce mouvement a émergé comme une réponse proactive au problème persistant du travail des enfants. À travers des activités de sensibilisation et de plaidoyer, les AEJT ont réussi à intégrer les voix des enfants travailleurs dans les discussions nationales sur les politiques de protection de l'enfance, remettant en question les perceptions traditionnelles qui les voient uniquement comme des victimes.

Le contexte du Burkina Faso, l’un des pays les moins développés, est marqué par une jeunesse prédominante avec des taux élevés de pauvreté et de travail des enfants. Ces jeunes, souvent en situation de nécessité économique, trouvent dans le travail non seulement un moyen de survie mais également une forme d’expression personnelle et collective. Le mouvement des enfants et jeunes travailleurs se veut donc un cadre où ces voix peuvent s’élever et influencer les politiques et pratiques les concernant.

Le Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT)

Le MAEJT a évolué en réponse directe aux migrations internes des enfants des campagnes vers les centres urbains à la recherche d’emploi. Initié par ENDA Tiers-Monde, le mouvement a adopté une approche proactive en identifiant les besoins spécifiques des enfants dans divers contextes urbains et en les impliquant directement dans la conception et la mise en œuvre de solutions. Cette section approfondit comment ENDA a facilité des dialogues entre enfants pour qu’ils définissent eux-mêmes leurs droits fondamentaux, culminant avec la déclaration des 12 droits à Bouaké.

Les 12 droits des enfants et jeunes travailleurs

Les 12 droits formulés en 1994 à Bouaké sont le fondement idéologique du MAEJT. Ils couvrent divers aspects, de la sécurité de l’emploi à l’accès à l’éducation, la santé, et le loisir. Chaque droit a été conçu pour répondre de manière holistique aux divers défis que rencontrent les enfants dans leur quotidien laborieux. Cette partie détaille comment ces droits sont enseignés, revendiqués, et mis en œuvre à travers les activités des AEJT, ainsi que les défis rencontrés dans leur application effective.

Analyse empirique du mouvement au Burkina Faso

En examinant le fonctionnement du MAEJT au Burkina Faso à travers des études de cas spécifiques dans différentes villes, cette section révèle les succès et les lacunes dans la mise en pratique des principes du mouvement. Elle met en lumière des exemples spécifiques où les AEJT ont réussi ou échoué à promouvoir une participation effective des enfants, soulignant les dynamiques de pouvoir internes et les influences des financements externes sur la stratégie et l’orientation du mouvement.

Bénéfices d’une appartenance à une AEJT

Les membres tirent divers bénéfices de leur participation aux AEJT, qui ne se limitent pas à l’éducation formelle mais incluent également des formations professionnelles, des activités génératrices de revenus, et des opportunités d’engagement civique. Toutefois, la répartition inégale des ressources et des opportunités entre les membres actifs et moins actifs pose des questions sur l’équité et l’inclusivité du mouvement. Les témoignages des membres révèlent à la fois des sentiments d’empowerment et des frustrations liées à l’exclusion ou au manque de support adéquat.

Conclusion

La conclusion synthétise les impacts du mouvement sur la vie des enfants et jeunes travailleurs au Burkina Faso, reconnaissant ses contributions tout en critiquant ses limitations. Elle propose des recommandations pour améliorer la gestion, la transparence, et surtout l’implication des enfants dans les processus décisionnels pour assurer que le mouvement ne reproduise pas les structures de pouvoir qu’il cherche à combattre.

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